Fuera de la jaula

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domingo, noviembre 13, 2011

reseña de La faim de MB

09 novembre 2011
CHOUETTAIRE.CANALBLOG
La faim de Maria Bernabe
de Fernanda Garcia Lao
France


"La faim de María Bernabé" de Fenanda García Lao ; 223 p, 19 x 14 cm, octobre 2011, 18 €. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon. Aux éditions la dernière goutte.

L'histoire : Frondeuse, désespérément incomprise et obèse, María Bernabé est une jeune femme hors norme : ses désirs sont décapants, son humour féroce et son intelligence brillante. Mais c’est l’amour absolu qu’elle recherche en malmenant son corps, ce gros animal encombrant, tout autant que les adultes ectoplasmiques et lâches qui l’entourent. Elle mange, elle ingurgite, elle engloutit : c’est sa façon à elle de se révolter contre l’indifférence.

En voulant conquérir une place dans le cœur et le regard des autres, María Bernabé, véritable électron libre, va tout faire pour désintégrer les stéréotypes et le culte du corps. Au risque d’être dévorée par ses propres désirs.

L'auteur: Fernanda García Lao est née en 1966 à Mendoza en Argentine. Contrainte de s’exiler à Madrid avec sa famille en 1976, elle retourne dans son pays d’origine en 1993 et s’installe à Buenos Aires. Comédienne et dramaturge, elle est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre ainsi que de nombreuses nouvelles. Elle a également publié plusieurs romans, dont La faim de María Bernabé qui a obtenu, en Argentine, le prix du Fonds national des arts.

 Avis: Un texte à la première personne est toujours une confession.

Ainsi María va se raconter avec violence et sarcasme, avec douleur. L’adolescente  se rend obèse. María se détruit en dévorant, en engloutissant, en mâchant car María a besoin d’amour mais personne ne lui en donne. La petite fille ne réussit pas à contenir ses appétits, la femme abime son être dont le volume n’est qu’excès. Elle se raconte, vue et ressentie de l’intérieur dans un langage fort et des mots durs. Son corps est le champ où se disputent les batailles de son identité, de ses désirs, de la reconnaissance qu’elle recherche désespérément. C'est tout le monde maudit qui rentre par cette bouche. Son corps supporte et reproduit les tragédies de sa vie.

Elle parle de sa famille et de ses relations toujours difficiles avec ses membres. Elle déshabille sans pitié, avec une ironie cruelle, les entrelacs de  leur existence hypocrite, María méprise, María se tait, María dévore.

María vit pour se perdre, pour s’évader de son corps, pour s’en aller, pour se neutraliser, pour échapper à la souffrance et aux sentiments. Ce n’est pas le roman d’une grosse qui aime se bâfrer,elle n'a pas le plaisir de la nourriture mastiquée et avalée. Elle mange avec une compulsion angoissante, María mange pour mourir. Elle engloutit le combustible nécessaire pour atteindre l'éclatement qui la désagrègera en fragments dispersés. Une forme très éloquente de disparaître sans se rendre au silence, une déclaration de guerre et une volonté résolue de résistance à l'invisibilité.

Ce roman possède une violence sordide et très amusante en même temps, ce qui donne un mélange étrange.